Marie Dauguet

(L'air est d'un bleu trop vif...)

(L’air est d’un bleu trop vif...)

L’air est d’un bleu trop vif de préraphaélite,
Limpidement qui coule et tout rebrodé d’or,
En noirâtres massifs des buis taillés limitent
L’allée, et deux grands lys ouvrent leur pur trésor;

De frêles rosiers blancs rehaussent le décor,
Où du silence errant si doucement palpite,
Leur floraison de marbre au gré du vent s’effrite,
Sous les murs de feuillage étouffant leur essor.

Et là-bas, tout au fond du sombre corridor,
Que forment les buis noirs au somptueux parfum,
C’est Rome en la lumière éclatante qui dort,

Morte sous le ciel bleu près du Tibre défunt,
Dont le cours arrêté visqueusement étreint
Sa berge abandonnée au pied de l’Aventin.

Dans “Rome”


Clartés, 1907.



16/09/2012
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