Marie Dauguet

(L'odeur de délices)

(L'odeur de délices)

 

L'odeur de délices

S'évapore et glisse

Des bois qui pourrissent,

 

Odeur ténébreuse

Des glèbes tourbeuses

Que l'averse creuse,

 

Parfum lourd d'extase

Qui lent s'extravase

Des prés pleins de vase.

 

Secret qu'on épelle,

Rousse odeur d'aisselle,

Planez comme une aile.

 

Folle odeur d'étreinte

Qu'octobre suinte,

Je bois ton absinthe

 

Emdolorissante;

Dans ma chair fermente,

Odeur éloquente.

 

Désir, Désir, est-ce,

Subtile rudesse,

Ton geste qui blesse?

 

Divines blandices,

Odeur de délices

Des bois qui pourrissent,

 

Jusqu'à la torture

J'aime ta brûlure,

Volupté obscure.

 

21 octobre 1902

 

Par l'Amour, 1904



10/08/2012
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