Marie Dauguet

Le premier baiser

Les baisers

 

Le premier baiser

 

A Monsieur Abel Hermant.

 

Le couple s'éloignait, fait d'ombre et de souffrance,

Au fond du ciel durci et comme dévasté

Profilant sa fragile et mince nudité,

En marche vers la mort et la misère immense,

 

Mais enfin libéré de sa morne innocence.

Comme on porte un enfant, vers son coeur révolté

Adam soulevait Eve et la berçait. L'été

Répandait autour d'eux sa torpide fragrance.

 

Dans l'âpreté du sol, au fouillis des ronciers,

Des pervenches s'ouvraient qu'ensanglantaient leurs pieds,

La couche s'étalait des rugueuses mélisses,

 

Et c'est alors que fut ardemment échangé,

Pour la première fois en de lentes délices,

Le baiser de la chair et qui fut un péché.

 

Par l'Amour, 1904



28/08/2012
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