Marie Dauguet

Aurore (Dans l'étable nuiteuse)

Aurore

 

Dans l'étable nuiteuse encor les boeufs s'ébrouent,

Etirent lourdement leurs membres engourdis,

Réveillés tout à coup par un coq qui s'enroue

Et dont le cri strident semble un poignard brandi.

 

Trempé d'aube, dehors, le fumier resplendit

Contre un mur délabré qu'une lucarne troue,

Parmi des bois pourris, des socs, des vieilles roues,

Et lance vers le ciel des parfums attiédis.

 

Cernant une écurie ouverte au toit de mousse,

Qu'emplit un vribrement nuageux d'ombre rousse,

Du purin, noir brocard, s'étale lamé d'or,

 

Où fouillent du grouin activement les porcs.

Et dans la paille humide et qu'ils ont labourée

Le soleil largement vautre sa chair pourprée.

 

Par l'Amour, 1904



05/08/2012
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