Marie Dauguet

Pastel

Frissons

 

Pastel

 

Sable, cailloux, genêts, fenouil,

Voici la crête ardente et maigre,

Avec un vieil arbre en vérrouil

A travers le ciel d'un rouge aigre.

 

O mon âme, il fait dur et sec,

Un vent d'angoisse et de détresse

Siffle. Nul accord de rebec;

Les fleurs sont mortes de tristesse,

 

L'heure où dans sa noire chaumière

Presqu'effondrée au bord de l'eau,

Quelque incertaine filandière

Tourne un invisible fuseau;

 

L'heure des chansons ambiguës,

Baisers cyniques, serments faux,

Où la mort d'une pierre aiguë

Sournoisement rebat sa faux.

 

Par l'Amour, 1904.



22/08/2012
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