Marie Dauguet

Communion

Les Baisers

 

Communion

 

Près des ruisseaux obscurs dont se plisse la moire

Et que moirent parfois d'agiles frissons d'or,

Comme en un sanctuaire, archaïque trésor,

Des iris ont ouvert leur bleuâtre ciboire.

 

Le vain réel s'embrume au fond de ma mémoire:

Jours tièdes, affadis! Dans la flamme se tord

Consumé par mes soins le poussiéreux grimoire.

Voluptueux iris qui fleurissez le bord

 

De l'ombre et du mystère, accueillez et ma lèvre

Et la sienne, - où la mienne en la mordant s'enfièvre, -

Offrez à mes désirs d'extases altérés

 

Insatiablement ces parfums qui vous baignent,

Grâce au mystique vin que vous nous verserez,

Que plus intensément nos deux âmes s'étreignent.

 

20 février 1903

 

Par l'Amour, 1904.



28/08/2012
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