Marie Dauguet

Mélusine

Les Baisers

 

Mélusine

 

Le vent sifflait au loin les meutes de la mort

Et la tour frissonnait parmi les ronces sèches

D'où fuyaient des corbeaux dispersant leur essor,

C'est alors qu'apparut, s'avançant sur la brèche,

 

Un spectre que l'amour jusqu'e n la tombe allèche,

Mélusine: serpent, femme, vampire, un corps

Fragile et que cinglaient épars en lourdes mèches

Des cheveux déroulés croulant d'un flot retors.

 

Dans la nuit qu'une lune écarlate illumine,

La voici qui se noue au fantôme évoqué

D'un chevalier hautain sous l'armure et casqué,

 

Colle sa bouche au dur métal qui l'embéguine

Et, glapissant ainsi qu'un loup sur un charnier,

Froisse sa lèvre blême à l'impassible acier.

 

Par l'Amour, 1904.



28/08/2012
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