Marie Dauguet

(Ensemble s'attarder...)

Le coffret d’onyx

(Ensemble s’attarder...)

Ensemble s’attarder par les noires charmilles
Que la lune extatique arrose
De clarté, qu’inondent d’un parfum de vanille
Et d’ambre doux les héliotropes et les roses;

Errer en des lueurs de topaze et d’opale,
Trembler d’une ivresse profonde
Et sentir dans son coeur la langueur qui s’étale
Du limpide silence épandu à la ronde;

Avoir l’âme suave autant que la lumière
D’Orion et de Bételgeuse,
Autant que la rosée aux guirlandes du lierre
Suspendant à la nuit sa pâleur nuageuse;

S’aimer si tendrement que tout s’évanouisse:
Boulingrins aux contours fantasques
Où les feuilles d’automne en lents tournoiements glissent,
Balustres descellés, flot s’écoulant des vasques;

Pour un baiser trop lent que tout s’évanouisse
Et que soudain la sombre allée,
Avec son banc moussu, comme nos coeurs s’emplisse
Du reflet frémissant de la nue étoilée!

Par l’Amour, 1904.



03/09/2012
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