Marie Dauguet

Juillet

Juillet

 

Tout éclate, vibre, flamboie,

C'est une explosion de joie,

De la plaine où les seigles ploient,

 

Aux coquelicots des méteils,

Aux sainfoins dont le flot vermeil

Mire la face du soleil;

 

Aux vastes prairies purpurines

Où les ruisseaux roses cheminent

Sur des cailloux de cornaline.

 

Les collines de saphir pu

Forment de l'horizon le mur,

Là-bas aux bornes de l'azur.

 

Effleurant les forêts chenues,

Plus haut c'est la course des nues

Dont se heurtent les hanches nues.

 

En marche dans leurs paturages

Voici les lourds, les lents villages

Aux éclatants bariolages;

 

Les murailles couleur d'épis;

De fauve soleil rechampis,

Les toits couleur pomme d'api.

 

les enclos gorgés de lumière

Où trottent au long des barrières

Dorées, les lourdes paupières;

 

Les claquements du linge blanc

Peint de soleil étincelant

Parmi les vergers s'envolant.

 

Captés sous la blonde résille

Du midi, les fumiers brasillent

Sur le sol roux qui se fendillent,

 

Brasille le chant des grillons;

Et c'est un fouillis de rayons

Bleux, jaunes, d'or, vibrations

 

Folles! tout crie, tout grille

Tandis qu'au bout du clocher brille

Le chant du coq qui s'égosille.

 

(Plaine comtoise.)

 

Dans la revue "Pan", juillet-septembre 1912



28/07/2012
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