Marie Dauguet

L'ombre

Frissons

L’ombre

L’ombre coule aux branches meurtries
Que l’incessante averse lasse,
Et baigne les mornes caries
Des rameaux noyés qui se cassent.

L’ombre aux livides flétrissures,
Avec sa face de gorgone
Et son odeur de moisissure,
Passe aux sentiers noirs de l’automne,

Aux carrefours déserts s’embusque
Où les oiseaux transis se taisent;
Parmi les nids froids qu’elle offusque,
L’ombre étend sa langueur mauvaise.

L’ombre dans la sourde moiteur
Des joncs rouillés qui se corrodent,
Glisse en son manteau de torpeur
Que la pluie et la bise mordent.

Sous des voiles de catafalque,
Ceinte de cigüe et d’armoise,
L’ombre en mes yeux, tremblant décalque
Mire ce soir ses yeux d’angoisse.

Par l’Amour, 1904.



24/08/2012
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