Marie Dauguet

L'ouragan

Le sens de la vie

 

L'ouragan

 

Rauque le vent mugit, un taureau qu'on égorge!

Tout s'effondre et se brise; au fond du ciel béant

Résonnent les marteaux de quelque horrible forge,

S'effrènent les galops des esprits du néant.

 

Les corbeaux effarés et battus par l'averse

Tourbillonent perdus aux creux des noirs sillons

Qui labourent le ciel et que l'éclair traverse

Avec un craquement de verdâtres rayons.

 

Tout un choeur inconnu semble chanter des stances,

L'ardente Volonté y clame son tourment,

Son éternel dèsir et ses douleurs intenses

Et l'amour qui promet et la mort qui dément.

 

Il s'exhale du sol une odeur sulfureuse

Ainsi que d'un trépied, mais loracle exilé

N'explique plus l'énigme et la raison la creuse

En vain. - Les dieux sont morts et leur secret scellé.

 

Par l'Amour, 1904.



15/08/2012
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