Marie Dauguet

La prairie permanente

La prairie permanente

 

En mars, après un bon et soigneux déchaumage,

Nopus sèmerons dans un sol argilo-calcaire,

La flouve, le lupin, l'agrostide vulgaire

Qui forment un solide et résistant fourrage.

 

Par ces aubes mouillées, qu'un soleil gris éclaire,

Nous herserons les champs soyeux comme un plumage,

A qui nous donnerons ensuite un fort roulage

Pour bien tasser la graine et la couvrir de terre;

 

Tandis qu'entre les pas, où du brouillard se drape,

Des grands boeufs patients, la lavandière happe

Sa proie; et qu'à l'orée du bois couleur de perle,

 

S'est éveillé soudain, si pensif et si doux,

A travers les bourgeons éclatés tout à coup,

Réjouissant nos travaux, le flageolet d'un merle.

 

Les Pastorales, 1908

 



11/10/2012
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