Marie Dauguet

Le secret

Le secret

 

Crois-moi, hêle plutôt l'ombre, l'engoulevent,

Les heures où la nuit membraneuse s'étend,

L'écho mussé au fond d'un bois rempli d'automne,

Que l'été trop brillant, superficiel, aphone.

 

Crois-moi, parle au marais, à son vert râlement,

A l'effeuillement des bois que l'averse tache,

A la mousse jaunie où des parfums se cachent,

Au vent près de ton coeur jetant son cri tremblant;

 

Parle au sanglot contraint dont se meurt la fontaine,

Il est bien plus profond que son rire au printemps;

Au souffle du ruisseau nébuleux et qui traîne

Sa robe murmurante, aux roseaux se brisant.

 

Crois-moi, parle à ton coeur où s'enfonça la lance,

Comme un soleil brutal poignarde l'horizon;

Il en est plus subtil, plus savant, plus immense,

Plus proche du secret qui nargue la raison.

 

Dans les jeunes saisons, il se peut qu'on saisisse

Moins du mystère errant dans les choses et nous,

Qu'au crépuscule las de décembre où jaillissent

Quelquefois... quelques mots des éléments dissous.

 

Ce n'est rien, c'est la vie, 1924



08/03/2013
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