Marie Dauguet

(Les bois...)

(Les bois)

 

 

Les bois ont des douceurs de cimes

Bleuâtres comms sont les nues;

Sur le banc où nous nous assîmes

Tombe l'ombre des branches nues.

 

La source mollement s'étire

Au ras des pentes défleuries,

Avec le pli las d'un sourire

Sur des lèvres endolories.

 

Nulle voûte d'or et nul porche

Triomphant qui s'ouvre et s'allume.

Flamme de cierge, âme des torches

Et léthargique encens qui fume.

 

Brume des brumeuses fontaines,

Avec des gestes de mystère,

Disparaissent les formes vaines

Des rêves qui nous enchantèrent.

 

O mon songe triste...! qu'il dorme

Sans plus errer, pauvre âme en peine,

Sous les rameaux noueux des cormes,

Brume des brumeuses fontaines,

 

Qu'il dorme...! en la vase odorante

La source douloureuse pleure

Et le soleil, sombre amaranthe,

Se fane en l'ombre qui l'effleure.

 

Par l'Amour, 1904



12/08/2012
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