Marie Dauguet

Minuit

Minuit

 

Plus de soleil vautré sur l'éteule haletante,

Amant inexorable à l'étreinte tenace

Dont la fougue la blesse et comble son attente;

Débordant l'horizon l'ombre molle s'entasse.

 

Tout s'endeuille. Il n'est plus de clarté palpitante,

Roses en tourbillons s'effeuillant dans l'espace,

Plus de ces lourds baisers dont la troublante audace

Extasiait la chair... que nul désir ne tente.

 

Mais seuls parmi la nuit, où des astres s'éteignent,

Où, confus, meurt l'écho des souvenirs qui saignent,

Des lys anémiés et chastes s'allongeant.

 

Comme parfois au fond des obscurs sanctuaires,

Tout embrumés d'encens, de mornes lampadaires

Laissent rigidement tomber des pleurs d'argent.


 

Le Mercure de France, septembre 1904



28/07/2012
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Ces blogs de Littérature & Poésie pourraient vous intéresser

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 3 autres membres