Marie Dauguet

Printemps

 

Printemps

 

Le soleil neuf du matin,

Dans sa blondeur,

Dans sa candeur,

Le soleil pose

Sur les choses,

Et la rosée qui les décore

Et tremble dans l’air suspendue,

Un givre d’or.

 

Les objets n’ont pas de contours

Dans la campagne…sans frontière…

Ils fondent parmi la lumière

Dont l’afflux trébuchant les agite.

 

Les objets n’ont pas de contour,

D’une translucide matière;

Le soleil aux blondes paupières

Partout les baise avec amour.

 

Nulle opacité… tout s’aère

Les ombres sont claires…très claires,

Par taches, en tremblants filets

Et du ton léger des bleuets.

 

Un prisme errant se pulvérise;

Adorable confusion

De chaque objet et du rayon

Qui le pénètre et qui le grise.

 

Mon coeur s’ouvre dans la clarté

Aromatique et musicale,

Lune (,) ferme la fleur d’opale,

Vibre en nous, soleil enchanté.

 

II

 

Parmi les cieux, le Soleil croît, vaste rubis

Arborescent, et le charme est rose et la terre

Fume et sent bon; comme une toison de brebis,

La rue est douce, et tendrement dans la lumière,

 

Hors des sillons brillants que tant d’ombres noyèrent,

L’alouette répand sa voix; en vers (verts?) habits

De mousse éclatant, voici qu’à vos lisières,

Bois en amour, j’entends frémir sous les subits

 

Elans de la sève nouvelle, frênes et aulnes;

J’entends le glissement sournois des orvets tors

Qui vont tresser en caducées vibrants leurs corps,

 

Flûter les crapauds dont battent les gorges jaunes

Au travers du fleurissement des anémones;

Et toi, mon coeur, sonner ton luth aux cordes d’or.


 

Publié dans la revue "Pan", de Jean Clary, avril-mai 1913



28/07/2012
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