Marie Dauguet

La moisson

Le sens de la vie

 

La moisson

 

Malheur au dédaigneux des floraisons paisibles,

Sarrasins embaumant la pente des côteaux,

Au fou sublime épris de fleurs inaccessibles

Dont le vent glacial déchire le manteau;

 

Les loups flairent ses pas sur la neige flexible

Où la crevasse guette entr'ouvrant son étau.

Malheur à celui-là dont le coeur est la cible

Où d'absurdes désirs ont planté leurs couteaux,

 

Tel un martyr ancien que la douleur enivre,

Il enfonce en sa chair l'acier rouge et qui vibre.

Je n'irai plus jamais parmi les soirs sereins,

 

A travers leurs clartés tendrement assourdies,

Je n'irai plus jamais aux glèbes attiédies

Moissonner en chantant les pâles sarrasins;

 

Par l'Amour, 1904.



17/08/2012
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