Marie Dauguet

Romance

Le coffret d’onyx

Romance
(1825)

Fontaine résonnant comme une triste lyre,
Sous la mousse brouillant les cordes de cristal,
Toi qui comprends mon mal
D’aimer si tendrement et sans savoir le dire,

Je viendrai sur tes bords dans le vent exalté
Qui berce mollement les dormeuses étoiles
Aux plis bleus de tes voiles,
Mêlant l’argent du ciel à ta fluidité;

Je viendrai près de toi, roucoulante fontaine,
Où Narcisse a miré son corps de marbre pur,
Parmi les joncs d’azur
M’asseoir pour écouter ton inlassable peine.

Enseigne-moi, veux-tu, par ton rythme épandu,
Des aveux murmurés la divine musique;
Enseigne-moi, mystique,
Le mot qu’on peut unir au baiser éperdu.

Fontaine, prête-moi ta troublante parole
Pour raconter mon mal à l’écho qui l’entend,
A l’ombre qui se tend
Vers moi comme des bras, à l’oiseau qui s’envole,

Pour soupirer mon mal aux lèvres d’un amant.
Comme ton onde en feu où l’or des astres flotte,
Où l’infini sanglote,
Que ma douleur s’échappe harmonieusement.

7 juillet 1902.

Par l’Amour, 1904.



03/09/2012
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