Marie Dauguet

Salomé

Les Baisers

 

Salomé

 

Parmi les cèdres bleus dont l'épaisseur l'encastre,

Dans un parfum d'encens, de cinname et de rose,

Le lourd palais d'Hérode aux somptueux pilastres,

Aux escaliers  d'onyx, en silence repose.

 

Seul un chacal gémit, précurseur de désastres,

Flairant l'odeur du sang au bas des portes closes;

Et l'écoutant, perdue en quelqu'étrange hypnose,

Dans la salle déserte où pleut un frisson d'astre,

 

Salomé enraidie sur sa couche,

Rappelant son désir criminel, croit voir Jean,

Fantôme torturé, d'une étreinte d'amant

 

L'enlacer et défaille en sentant qui la touche

Et se colle à sa lèvre ardente, la mordant,

La bouche douloureuse où se glacent les dents.

 

Par l'Amour, 1904



28/08/2012
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