Marie Dauguet

(Que j'aime au fond des bois...)

(Que j'aime au fond des bois...)

 

Que j'aime au fond des bois la plainte souterraine,

Fuyant sous le gravier, d'une source captive!

L'anneau de fer verdit au pavé qui le rive

Parmi l'amas des glands, des cornes et des faînes.

 

Partout la mousse étend autour de la fontaine

Son velours moite; à peine, amoureuse et pensive,

Murmure obscurément, à travers la bourdaine

Et le houx, l'eau suintant aux glèbes de la rive.

 

Mon coeur est cette source en pleurs au fond des bois,

Qu'entoure le silence et voile le mystère,

Que nul rayon ne frôle, où nul oiseau ne boit;

 

Mais vers la sombre dalle approche et penche-toi,

Ecoute pour toi seul du flot crépusculaire

La chanson s'égrener comme un divin rosaire!

 

Par l'Amour, 1904



12/08/2012
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