Marie Dauguet

Calvaire lorrain

Simplicité

Calvaire lorrain

Ce calvaire très vieux, fait de pierres informes,
Comme un fruste dolmen, dresse au soleil levant
Sa silhouette grise entre des branches d’ormes
            Dans la solitude et le vent.

L’escalier de granit étend sa masse énorme
A travers l’herbe sèche; au faîte, se rivant
A deux blocs écornés, la croix mêle sa forme
           Aux branches qu’agite le vent.

Rien à l’entour que le lointain bleu qui poudroie,
Rien au-dessus, peut-être un vol d’oiseau de proie:
Tout est si loin du monde ici, tout est si vieux!

Pourtant on y respire un souffle qui caresse,
Un soupir inconnu dont la douceur oppresse;
              Ici dort l’esprit des aïeux.

Bourmont.

 

Par l'Amour, 1904.



20/08/2012
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