Marie Dauguet

Clarté de l'aube

Rayons

Clarté de l’aube

Clarté de l’aube chaste aux ailes des colombes,
Givre laiteux, fardez les bois; tremblez rayons
Sur les lys entrouverts à la pierre des tombes,
Des lilas bleuissants parez les noirs sillons.

Clarté de l’aube rose au cou des tourterelles,
Brouillard vermeil, coulez à l’écume des eaux,
Frémissante rosée ensanglant les prêles
Qui nimbez d’incarnat la fuite des bouleaux.

Splendeurs du jour nouveau, en roses triomphales
Fleurissez les jardins merveilleux de la nuit
Et mêlez à la brise aux joyeuses rafales,
Le sang des calices larges épanouis.

L’Amour s’éveille et tend sa lèvre inassouvie
A l’humide parfum des jeunes voluptés
Et verse à son désir, roses, votre ambroisie,
meurtrissant vos langueurs de baisers indomptés.

Les chevreaux piétinent l’argent frais des fontaines,
Boivent le jour naissant épars en leurs reflets,
Et le berger frileux sous sa cape de laine
Dessine au milieu d’eux son profil violet,

Et sa flûte répand, pour charmer l’aube rousse,
Son murmure, pendant qu’à son fruste amoureux
Elle sourit debout et les pieds dans la mousse,
Tordant à son front l’or mouillé de ses cheveux.

Par l’Amour, 1904.



20/08/2012
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