Marie Dauguet

Dernier voeu

Cendres et pourpres

Dernier voeu

Sois la pâleur du soir qui s'efface aux lointains,

Le son qui meurt au fond des forêts assoupies,

L'étoile éparpillant ses reflets incerctains

A la face des eaux dont le miroir l'épie.

Sois l'haleine des prés durant la fenaison;

Sois l'aile et sois l'éther; un peu de l'infinie

Langueur qui monte, ainsi qu'une lente oraison

D'amour, du coeur des roses endormies.

Sois le rythme et la loi, la terre et l'air.

Baise l'amour lui-même aux lèvres frémissantes

Du vent, et laisse parmi la vibrante chair

De l'univers, ta chair s'évanouir, fleuve en la mer profonde.

18 juin 1901

A travers le voile, 1902



04/04/2013
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