Marie Dauguet

(Dissonance,...) A la primevère

A la primevère

 

(Dissonance,...)

 

Dissonance, accords faux et les rayons aigus

Du soleil perforant l'averse translucide;

Rauque rumeur de bise et la complainte acide

Qu'égrènent les pinsons en triolets têtus.

 

Tout rit et pleure ensemble, étranges impromptus,

Fins grêlons crépitants à l'horizon livide.

Au ciel froid brusquement qui bleuit ou s'oxyde

S'aiguisent, bistouris, des triolets pointus.

 

L'étang capricieux obscurément s'azure,

Où se mire le verne à la rouge blessure.

Et, là-haut, tournoyant dans le vent embrumé,

 

Fauve et hâve désir, s'éternise la buse,

Vers la chanson des nids qui la tente et l'abuse,

Ouvrant son aile maigre et son vol affamé.

 

A la Primevère

A travers le voile, 1902



11/03/2013
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