Marie Dauguet

(Et ces odeurs...)

(Et ces odeurs...)

 

Et ces odeurs où la divinité habite,

Odeur de sombre mousse, odeur de scolopendre

Près des ruisseaux vaseux, odeur autant qu'un mythe

Transparente, dont 'âpreté nous vient surprendre

 

Et violer! Bras noués, torse, cheveux rudes

Sur mes lèvres, chair folle à la mienne enlacée,

Fauve évocation peuplant la solitude

Pour une feuille d'or que le vent a froissée.

 

Pourquoi ce baiser lourd et qui me martyrise

Reste-t-il à ma bouche embaumé et tenace

Parce que dans la brume oú la lande s'enlise

Un peu d`herbe se fane? Ame sanglante et lasse

 

Autant que la nature ensanglantée et lasse,

Ame avide, à travers ces parfums je devine

Les soupirs du Désir, je le sens qui m'embrasse

Comme un amant pressant son front sur ma poitrine.

 

21 octobre 1902

 

Par l'Amour, 1904



10/08/2012
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