Marie Dauguet

I remember

Cendres et pourpres

I remember

Au vieux parc attiédi, tout ouaté d'ombre molle,

Nos bonheurs d'autrefois sont revenus pensifs,

Et, pélerins d'amour, entre les branches d'ifs,

Vont errants dans la brume où leur rêve s'isole.

Vois, le perron disjoint s'effrite en l'herbe folle,

Dont la vague a grimpé vers l'inerte récif,

Et l'on entend tinter aux fentes du massif,

Grelot plaintif, la voix des crapauds qui trémole.

Tout se meurt en musique où nul son n'est précis,

En reflets estompés par le temps obscurcis.

Mais, pélerins vêtus de brume floconneuse,

Se baisant quand oscille autour d'eux le passé,

Qui plonge dans la nuit d'une aile membraneuse,

Nos bonheurs, seuls vivants, se dressent enlacés.

Novembre 1901



04/04/2013
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