Marie Dauguet

L'aumône

Cendres et pourpres

L'aumône

C'est fini de voguer sur de pompeux cloaques;

Dans les mauves flétris et les ors somnolents

Du soir évaporé, maint branchage qui craque,

Baigne sa masse obscure. - Au bord du firmament,

Le lait pur de Vénus, source vive émergeant,

Coule? - Par les roseaux, où traine un peu de laque,

La lune a réfracté sa faucille d'argent.

Le ciel avec mon coeur devient élégique.

Tout s'embrume et pâlit. - Mon amour, roi puissant,

Le Rêve, assis là-bas, sous sa robe de serge,

T'implore, voyageur au seuil de cette auberge

Qu'est la nuit. - Et toi, riche, accueille ce passant,

Ouvre-lui ton palais; des trésors qu'il recèle

Brode son noir manteau, remplis son escarcelle.

8 août 1901

A travers le voile, 1902



04/04/2013
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