Marie Dauguet

L'inoubliable amant

L'inoubliable amant

 

Ce qui me plaît le mieux vraiment c'est de pleurer,

(Car on a le coeur, bien au fond, si misérable!)

Tout en larmes jadis, j'aimais à demeurer

Auprès de vous, Jésus, l'Amant inoubliable.

 

Je sais toujours l'odeur de vos cheveux de miel,

Le creux de votre épaule où la douleur s'appuie;

Mon âme devant vous était comme une pluie

De lis exténués s'effeuillant sur l'autel.

 

Et les pleurs aujourd'hui encore me ravissent,

Plus que tous les bonheurs secs, précis, limités;

Mais où sont-ils les bras divins où se jeter,

Les baisers transformant les chagrins en délices?

 

j'appelle et tends les mains, d'ineffables entours

Se devinent parfois quand palpite le jour,

Quand respire, la nuit, en nos yeux déroulée,

Inépuisablement, toute l'ombre étoilée;

 

Et je sens qu'il n'existe au monde qu'un Amour,

Aux Mystères anciens ébauchant son contour,

Dont la forme, à nos coeurs, reste toujours voilée,

Et que tu vis en lui, Jésus de Galilée.

 

Les Pastorales, 1908.



02/11/2012
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