Marie Dauguet

La fuite

Rayons

La fuite

Mon désir tout puissant, tendu comme une voile,
Entraînera la nef aux lointains archipels,
Je bercerai mon rêve à l’océan du ciel
Effleurant les soleils, abordant aux étoiles.

J’oublierai pour jamais les sentiers tortueux
De l’abrupte falaise où s’égarait mon âme,
Que sournoise fleurit dans l’ombre la jusquiame
Répandant jusqu’au flot son parfum vénéneux.

Je serai dédaigneux du port et de la rade
Dont la sécurité pèse comme un fardeau,
De la ville brutale alignée au cordeau,
Où l’humanité passe en mornes cascades.

J’oublierai le chardon, la ronce, les gramens,
Les sous-bois sans clatrté et les chaumes arides;
Je cueillerai le soir au creux des flots humides
Des bouquets languissants de mauves cyclamens.

Mon amour chantera, debout dans quelque hune,
Savourant à plein coeur l’odeur de l’inconnu,
Grisé de l’idéal baiser des clairs de lune,
Au frisson de l’azur ouvrant ses deux bras nus.

Par l’Amour, 1904.



20/08/2012
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