Marie Dauguet

(La plaine infiniment...) A la prime vère

A la prime vère

 

(La plaine infiniment...)

 

A Monsieur Jules Lemaître

 

La plaine infiniment brûlante se dénude,

Plus qu'un char s'éloigant surchargé de rayons,

Qui flambe, tel un phare en l'âpre solitude.

Dure, la mer s'étend des rigides sillons.

 

Seule au bord d'un talus tremble la barbe rude

D'un épi oublié. Plus de pourpres tisons,

Blés dont l'haleine chaude aux fiévreux horizons

Dansait. Le jour brutal sur la décrépitude

 

De la terre qui craque aiguise sa clarté,

Pendant que le grillon lui donne la réplique

Et que, tout devenant sonore et mérallique,

 

Le soleil de midi, dans son intensité,

Reluit parmi l'éteule et, comme un coup de sabre,

Semble faucher enco son immense glabre.

 

Plaine d'Ainville, 31 juillet 1901.

 

 

En Messidor

A travers le voile, 1902

 



14/03/2013
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