Marie Dauguet

(Le soleil,...)

(Le soleil,...)

 

A Monsieur Stuart Merrill.

 

Le soleil, une braise en un sombre encensoir

Dont la sanglante flamme aux bords des gués s'allume;

Le pâquis submergé jusqu'à l'horizon fume,

La rivière galope à travers les prés noirs.

 

Et partout, cette odeur d'herbe morte et d'écume,

D'inconnu s'enfuyant dans la brume du soir,

Comme un souffle d'amour si douce à percevoir

Parmi les joncs courbés que sa lqngueur parfume.

 

Mais le lointain soleil insensiblement meurt,

A peine reflétée à l'eau trouble qui vire,

La dernière clarté en frissons lents expire.

 

Tel un errant baiser, plus rien que cette odeur

Voluptueuse autant qu'un appel de chair nue

Qui monte dans la nuit où la clarté s'est tue.

 

Par l'Amour, 1904



09/08/2012
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