Marie Dauguet

Le verger

Le verger

 

La blancheur de ces fleurs follement entassées,

A travers les blancheurs grises du firmament,

Ton musical égouttement, blanche rosée,

Et les pas de la nuit au lointain s'enfuyant.

 

C'est l'aube, mais pourtant rien encor ne s'éveille:

A peine au fond du ciel de trembleuses lueurs;

Le verger faible et doux entre mes bras sommeille,

Je le sens tout entier incliné vers mon coeur.

 

Quand le printemps répand son immortel soupir

ET que la solitude et du silence abondent,

A cette heure surtout, mon affamé désir

Te recherche, beauté suprême, âme du monde;

 

Je te pénètre un peu. Je perçois des accents;

Mon oreille est plus claire en mon être... et je sens

Qu'un dieu repose en moi qui n'est pas encor né.

 

15 mai 1907.

 

Les Pastorales, 1908.



11/10/2012
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