Marie Dauguet

(Parvis larges ouverts...) Brumaire

Brumaire

 

(Parvis larges ouverts...)

 

Parvis larges ouverts et béantes arcades

Que peuple le brouillard de lentes confréries,

Où le vent brusquement dresse ses cavalcades,

Sabots tourbillonnants au fond des galeries.

 

Les bois sont un palais sans rois et sans fééries;

Le soleil s'anémie à l'angle des façades

Et l'on entend mourir sous les dalles pourries

La plainte des ruisseaux. En pourpres escalades,

 

La vigne vierge laisse errer, ensanglantés,

Ses bras flottants parmi l'imprécise muraille

Où leur geste alangui s'atténue et défaille.

 

Tout aspire au néant pour avoir existé,

Depuis le vieux pignon livide qui s'éveille

Jusqu'à nos coeurs déçus, épris de cécité.

 

10novembre 1900



22/03/2013
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