Marie Dauguet

(Un silence inouï...)

(Un silence inouï...)

 

Un silence inouï indéfiniment erre

Parmi la plaine immense et berçant des fleurettes,

Que cernent au lointain les lignes violettes

Des monts Albain; et c'est comme une paix d'églogue,

 

Mais où ne chantent plus ni flûtes, ni musettes.

L'herbe mélancolique avec le vent dialogue,

Tandis que redressant indolemment leurs têtes,

Pâturent quelques boeufs gardés par un grand dogue,

 

A côté des tombeaux de la Via Latina;

Des boeufs de sacrifice au superbe visage,

Dont j'ai vu le profil, que le temps patina,

 

Saillir enco vivant du flanc des sarcophages

Et qu'ont domptés de leurs poings aux rudes callus,

Serrant la corne torse, Evandre et Faustulus.

 

Extrait de "Rome"

Clartés, 1907.



24/09/2012
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