Marie Dauguet

Vois-tu...

Vois-tu...

 

Vois-tu sous la chaude ondée

De frissons d'or inondée,

S'ouvrir au matin laiteux,

Qui si tendrement bégaie,

La floraison des saulaies

Mirée à l'étang clarteux.

 

Le jour indolent se flâtre

Souplement aux troncs d'albâtre

Des trembles et des bouleaux;

Puis rôde parmi les branches

Et les touffes des pervenches

Comme un bondissant chevreau.

 

Plus des crampes tétaniques

Et plus des cris sataniques

Du brutal et sombre hiver;

Mais, sur la terre amollie,

La fraîcheur qui se déplie

À l'horizon des blé verts;

 

Mais parmi le bois qui vibre

Et résonne à pleine fibre,

Le vent fougueux entraînant

Pollens ardents, fleurs vermeilles,

Chants d'oiseaux et vols d'abeilles,

En essaim tourbillonnant.

 

Viens! Que nos lèvres se baisent

Aux sanglots que rien n'apaise

Des doux ramiers enivrés

Et que nos aveux s'accordent

Aux accents fous qui débordent

Des halliers énamourés.

 

Par l'amour, 1904



03/08/2012
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